Le projet « Housing First » vise à intégrer durablement dans la société des jeunes (moins de 30 ans) sans-abri en leur offrant un accès immédiat et inconditionnel à un logement individuel. Il s’inscrit dans une vaste stratégie basée sur un investissement durable dans le logement et dans le cadre de la lutte contre le sans-abrisme chez les jeunes adultes dans les villes.
En 2022, le Conseil des ministres a marqué son accord pour l’affectation de 10 millions d’euros d’investissement dans le cadre de ce projet.
En juillet 2025, le Conseil des ministres a validé neuf arrêtés royaux qui organisent la mise à disposition de logements non-occupés, acquis sur fonds fédéraux, à certains CPAS afin d’y loger des jeunes adultes sans-abri.
Qu’est-ce que le projet « Housing First » ?
Afin de remédier à l’augmentation du nombre de jeunes adultes au sein du groupe-cible de sans-abrisme chronique, « Housing First » est proposé comme une solution durable.
Housing First est une méthodologie sociale innovante qui vise à intégrer durablement dans la société les personnes sans domicile les plus vulnérables en leur offrant un accès immédiat et inconditionnel à un logement individuel. Le projet s’inscrit dans une vaste stratégie basée sur un investissement durable dans le logement. Ce projet rentre dans le cadre de la mise en œuvre du 4e Plan fédéral de lutte contre la pauvreté et les inégalités.
En Belgique, ce projet a été testé à l’échelle nationale entre 2013 et 2016. Plus de 855 personnes ont depuis définitivement quitté la rue, enregistrant ainsi un taux de réussite de 87 %.
Investissement dans le projet « Housing First »
En juillet 2022, le Conseil des ministres a marqué son accord pour l’affectation de 10 millions d’euros d’investissement pour le logement de jeunes sans domicile.
Ce subside est mis à disposition de manière ciblée auprès d’une liste prédéfinie de 25 CPAS au travers de toute la Belgique (et une liste de réserve). Les subsides prennent la forme d’une emphytéose par le biais de laquelle le CPAS obtient un droit réel sur la propriété lui permettant de rénover des logements en vue d’héberger des jeunes sans domicile. La propriété reste toutefois entre les mains de l’État fédéral pour la durée de l’emphytéose. Le CPAS peut également utilisé le budget afin d’acheter un terrain sur lequel mettre des unités résidentielles mobiles.
Ces logements doivent répondre aux normes de qualité minimales et, en cas de rénovation, une attention particulière doit être apportée à l’efficacité énergétique. De plus, les logements doivent être disponibles dans un délai raisonnable après achat du bien (dans les 2 ans). Le bien doit être utilisé durant une durée minimum de 15 ans par le groupe-cible et selon la méthodologie « Housing First for Youth ». Le CPAS peut, au bout des 15 ans, choisir de racheter le bien à 50 % de son prix initial ou attendre le terme des 30 ans de l’emphytéose et devenir propriétaire du bien pour un euro symbolique.
Mise à disposition de bâtiments fédéraux
En juillet 2025, le Conseil des ministres a validé une première vague de projets via neuf arrêtés royaux organisant la mise à disposition, par le biais de baux emphytéotiques, de logements, acquis sur fonds fédéraux, à certains CPAS afin de pouvoir y loger des jeunes adultes sans domicile.
Il s’agit concrètement de 14 biens (répartis au sein de 9 CPAS). Le budget engagé pour ces 14 dossiers est d’environ 4,5 millions d’euros au total (acquisition des biens et travaux inclus). Cela concerne des biens dans les villes suivantes :
- Anvers (1 bien de 4 appartements) ;
- Courtrai (1 bien de 1 appartement) ;
- Bruges (1 maison) ;
- Roselaere (1 bien de 1 appartement) ;
- Liège (3 biens avec 1 appartement, 1 bien avec 1 studio et 1 maison) ;
- Mons (2 maisons) ;
- La Louvière (1 bien de 1 appartement) ;
- Seraing (1 maison) ;
- Bruxelles (1 immeuble).